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Enquête du Petit XIXème sur le futur 20ème
Un trou de plus sur Le Village. Nous en devinons les contours près du green du 7. Le Petit XIXème a enquêté sur sa venue. Un beau projet se dessine. Il est temps d’en dire plus…
Un nouveau trou ? Oui, en apparence. En fait, une renaissance. Un green existait déjà à l’endroit même où les travaux sont en cours. C’était le… 7 ! Mais avant 1993. Il s’étirait alors sur 201 mètres, depuis les back tees. Il longeait les piquets blancs, à la limite même du domaine golfique.
Une renaissance, en quelque sorte, non pour supprimer l’actuel 7, qui est magnifique - et dont on exploitera la zone gauche des départs. Mais pour créer une zone de « testing », mais aussi un green que l’on peut qualifier de « réserve ».
Une fois finalisé, ce sera un joli petit par 3 avec trois zones de départ : 70 mètres, 90 mètres et 110 mètres, avec des départs sur zone de tee synthétique. Deux bunkers d’herbe sont prévus. Quant au green, qui s’étirera sur une surface de près de 500 mètres carrés et sera, paraît-il, « challenging »...
Zone de test dans un contexte post-phyto
Si le chantier a pris un peu retard en raison des dégâts causés par les orages, les premiers semis sont prévus pour la mi-août, le trou devant être pleinement opérationnel au printemps prochain.
Le nouveau green servira à tester l’agrostis, la graminée reine des greens de golf. Il en existe plusieurs espèces ; le plus souvent très fines et rampantes, elles sont les seules capables de supporter des tontes rases extrêmes (3 à 5 mm) tout en formant un tapis particulièrement dense, lisse et rapide pour le jeu.
« Nous allons tester leur enracinement -densité et profondeur- au cours du temps : six mois, douze mois, trois ans, cinq ans et huit ans », explique Christophe Descampe. Dans un contexte post-zéro phyto, les graminées sont plus fragiles au Dollar Spot, une des maladies les plus courantes sur nos gazons sportifs, mais aussi une des plus dévastatrices, du fait de sa capacité de développement très rapide -surtout suite à la tonte et au piétinement.
« Sur et sous ce green, beau et challenging pour nos joueurs, nous allons déployer un vaste chantier permanent d’expérimentation dont la finalité sera de suivre l’évolution des graminées identifiées au fil du temps en vue de nos travaux réguliers de reconstruction. Expérimenter nous permettra d’opérer les meilleurs choix, aussi bien sur le plan qualitatif que financier. »
Un projet soutenu par la FFG et le célèbre R&A
Pratiquement, sous nos pieds de joueurs, différentes zones seront étudiées, en surface ou sous terre, avec des couches de sable et de drainage. L’évaluation sera continue, au départ aussi de différentes zones d’apport organiques. Un vrai patchwork, délimité au centimètre près !
« Tout sera calculé, comme la porosité des sols et, à l’inverse, la capacité de rétention d’eau. In fine, pour nos futurs chantiers de reconstruction, nous saurons quels sont les choix les plus opportuns, à quel coût et pour quelles perspectives. »
Le projet est unique ; il est d’ailleurs soutenu par l'AFGolf et le R&A, le Royal & Ancient Golf Club de Saint-Andrews. « Notre expérience en Wallonie de huit ans dans le zéro phyto - unique au niveau mondial - suscite bien évidemment la curiosité des autres pays. D’une certaine façon, en tant que précurseurs, nous traçons le futur d’un golf plus respectueux de la nature, quitte à devoir relever des défis que nous n’avions pas soupçonné ! »
Enfin, ce « 20éme », qui ne sera joué que durant les moments de reconstruction, sera proposé aux enseignants comme zone de travail d’approche et de putting… En somme, un trou multitâche !


